
Quand l'actualité prend trop de place dans la tête : retrouver l'essentiel
Ces derniers temps, beaucoup de personnes que je reçois au cabinet me disent la même chose, avec des mots différents. « Je n'arrive plus à décrocher des infos. » « J'ai une boule au ventre en permanence, sans raison précise. » « J'ai l'impression que tout va mal. »
Le contexte n'y est pas pour rien. Tensions politiques, inquiétudes sociales, incertitude économique : l'air du temps est lourd. Et il peut finir par prendre beaucoup trop de place dans notre tête.
Une anxiété qui déborde
Ce que je vois, ce n'est pas seulement de l'inquiétude. C'est une anxiété diffuse qui s'installe. Elle se manifeste par des pensées qui tournent la nuit, des projections catastrophistes sur l'avenir, parfois des crises d'angoisse qui surgissent sans prévenir.
Le phénomène dépasse largement nos frontières. Aux États-Unis, l'enquête annuelle de l'Association américaine de psychologie montrait en 2024 que 70 % des adultes considèrent l'avenir de leur pays comme une source de stress importante.
Et nos habitudes n'aident pas. Une étude publiée en 2022 dans la revue Health Communication a montré qu'environ une personne sur six avait une consommation d'actualité vraiment problématique : vérifier sans cesse, ne plus pouvoir s'arrêter, y penser en permanence. Chez ces personnes, le mal-être psychologique est nettement plus fréquent.
Pourquoi on ne voit plus que le négatif
Il y a une raison simple à tout ça : notre cerveau est fait pour repérer le danger. C'est ce qui nous a permis de survivre. Les psychologues parlent de biais de négativité : une mauvaise nouvelle nous marque bien plus qu'une bonne. Roy Baumeister et ses collègues l'ont résumé dans un article resté célèbre, au titre explicite : « Bad is stronger than good », le mauvais est plus fort que le bon.
Concrètement, quand tout autour de nous semble aller mal, notre attention se fixe là-dessus. Et petit à petit, on ne voit plus que ça. On oublie ce qui va bien dans notre propre vie : les relations qui comptent, les projets qui avancent, les petites choses qui nous font du bien.
Ce n'est pas qu'on soit pessimiste par nature. C'est que le filtre s'est resserré.
Quand la vie en rajoute
À ce climat général s'ajoutent parfois les coups durs personnels. Une séparation, une perte, un problème de santé, une période compliquée au travail. Quand tout arrive en même temps, on a vite l'impression d'être submergé. On perd de vue l'essentiel, et aussi tout le chemin qu'on a déjà parcouru.
C'est souvent à ce moment-là qu'on se dit « je devrais m'en sortir seul ». Et c'est souvent justement là qu'un regard extérieur peut changer beaucoup de choses.
Un espace pour déposer
Venir en séance, c'est d'abord trouver un espace de sécurité. Un endroit où l'on peut dire ce qui pèse, sans être jugé, sans avoir à rassurer qui que ce soit.
Le simple fait de déposer ce qui tourne en boucle permet déjà de s'en détacher un peu. On prend du recul. On voit les choses de façon plus large, moins fataliste, moins collée à l'immédiat. Et on retrouve de la place pour voir aussi le potentiel positif des situations, ce qui reste possible, ce sur quoi on a encore prise.
Une ou deux séances pour se recentrer
Il n'est pas toujours nécessaire de s'engager dans un long accompagnement. Quand l'anxiété est liée à une période précise, une ou deux séances suffisent parfois à retrouver de l'air.
L'hypnose est un outil que j'utilise beaucoup dans ces moments-là. Elle aide à apaiser le corps, à calmer le flot des pensées et à se reconnecter à ses propres ressources. Ce n'est pas qu'une impression : une méta-analyse publiée en 2019 dans l'International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis a montré que l'hypnose réduit l'anxiété de façon significative, avec des effets qui se maintiennent dans le temps.
Selon les personnes, je propose aussi d'autres outils, comme la cohérence cardiaque pour apaiser le système nerveux au quotidien, ou l'écriture pour sortir les pensées de sa tête. L'idée est toujours la même : vous donner des repères concrets que vous pourrez utiliser seul ensuite.
Ce que je vous propose
Ça ne veut pas dire ignorer le monde ou faire semblant que tout va bien. Il s'agit de remettre les choses à leur juste place. De rester informé sans se laisser envahir. De garder un œil sur ce qui se passe dehors, sans perdre de vue ce qui compte pour vous.
Si vos crises d'angoisse sont fréquentes ou très intenses, parlez-en aussi à votre médecin. Je travaille d'ailleurs en lien avec des psychologues et des psychiatres quand la situation le demande.
Et si vous sentez que l'actualité, ou la vie, prend en ce moment trop de place dans votre tête, je vous reçois au cabinet de Levallois-Perret, du lundi au vendredi.
Sources et références
American Psychological Association (2024). Stress in America 2024. Résultats présentés par NPR / New Hampshire Public Radio.
McLaughlin B., Gotlieb M., Mills D. (2022). Caught in a dangerous world: problematic news consumption and its relationship to mental and physical ill-being. Health Communication. Résumé sur Scimex.
Baumeister R. F., Bratslavsky E., Finkenauer C., Vohs K. D. (2001). Bad is stronger than good. Review of General Psychology, 5(4), 323-370.
Valentine K. E., Milling L. S., Clark L. J., Moriarty C. L. (2019). The efficacy of hypnosis as a treatment for anxiety: a meta-analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 67(3), 336-363.
Photo : Suhyeon Choi, Unsplash.
Cet article a une vocation d'information. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé.



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